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 [RP] Une lettre

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avatarTwuart
Loup
Messages : 5
Date d'inscription : 10/08/2011
Localisation : Bourges, Berry
MessageSujet: [RP] Une lettre   Jeu 6 Oct 2011 - 23:16

[Rochechouart, le 24 Septembre 1459
8ème heure]


1 mois, cela faisait près d'un mois que Twuart avait quitté le Berry sans jamais donner de nouvelle.
Un mois fait de privations, un mois à battre la campagne, à défaire des ennemis pour finalement se retrouver perdu et seul dans un petit village du nom de Rochechouart.

Confortablement installé sur sa paillasse, Twuart repensait souvent, en songe, à tout ce qu'il venait de traverser; mais le flot d'image était à chaque fois confus, sans réelle cohérence, ce qui , parfois, le réveillait et le laissait perplexe.

Pour une fois, il pouvait dormir paisiblement sur son lit de fortune. Un faible rayon de lumière vint éclaire la moitié droite du blondinet.
Son corps pivota lentement. Il se retrouva sur le ventre, la face enfouie dans la paillasse, ses cheveux hirsutes dépassant de cette dernière.



Illé machnifique m'lingerie! V'nez m'dame ! Euh ??? Non il taille petit chelui là, c'est n'rrrrrmal m'dame ! Arh, Ouich, j'vend aussi moult quincaill'ries m'dame.
Les dernières n'velles du Royaume !


L'arrivée d'un colporteur ne passa nullement inaperçue : la nouvelle se répandit tel une traînée de poudre dans tout le village.
En quelques minutes une foule bruyante, gloussante et avide d'informations s'agglomérat autour du marchand ambulant.

Twuart, lui, fut arraché au sommeil par le tintamarre. Son sang ne fit qu'un tour : il se leva d'un (demi)-bond et retomba de tout son poids sur sa paillasse ; les mains sur son flanc droit, à l'instant suivant. Il venait, une fois de plus, d'oublier qu'il est encore convalescent.
Il se dressa derechef, mais bien plus lentement. Il s'assit sur son lit, nonchalant.


On ne réveille pas un Twuart qui dort..." , grommela t'il en se frottant péniblement les yeux.

Il enfila sa chemise et sortit en ayant pour seul objectif le retour de la quiétude du quartier.
Il se fraya un passage dans la foule et réussit à aborder celui qui venait de ruiner sa matinée.
Il comprit ,enfin, qu'il s'adressait à un colporteur. Il le pardonna à moitié, après tout il faut bien vivre (en silence de préférence d'après lui).


Mais ce n'est pas un raison pour hurler à la mort aussi tôt ! maugréa t-il.

Le colporteur semblait usé par la vie, le visage crevassé et possédait une courte mais dense barbe grise. Sa voix était rauque, puissante (d'autres diront qu'il est à moitié sourd, tout est affaire de point de vue) et s'exprimait avec un accent indéfinissable, à mi-chemin entre le patois local et la langue universelle des ivrognes.

Hé ! Qu'tu vio pitio ?

Twuart leva un sourcil, cherchant à comprendre ce qu'il venait d'entrendre.
Le colporteur crut que le blondinet lui demandait de montrer ce qu'il vendait :
il brandit fièrement plusieurs babioles et tissus sans grand intérêts et essaya de faire passer un tissu azuré pour de la vessie de dragon.
Twuart l'interrompit, timidement.


- Hum... pourriez-vous me rendre un petit service ?
- Qu'donc galçon ?

L'esprit du colporteur "s'éclaira" à nouveau

- A chevois... toi aussi t'a été t'ché par c'te sale guerre et t'es tout cassé.
Du coup ta chdonzelle, bah elle est pluch contente car n'arrive plus à aschurer, si tu vois ce que je veux dire... mais n't'inquiète pas, pitio, j'ai c' qu'il te faut !"


Il leva et rabaissa frénétiquement ses sourcils en agitant un flacon qui, d'après lui, redonnerai force et vigueur à un mort.
Twuart vira progressivement au rouge au fur et à mesure que les rires et les railleries dans son dos gagnait en puissance.Il se racla la gorge et répliqua


- J'ai entendu dire que vous alliez dans le Berry. Si jamais vous passez par Bourges, pourrez vous remettre cette lettre à messire June Sidjéno, mon parrain ?

- D'accord, fils, mais t'dois m'chter quelqu'chose.
- C'est à dire que ... rien ne m'intéresse .
- Même pas mon r'mède forti...?
- Non!
coupa Twuart. Il soupira

- Bon, si j'vous prend cette marmite, ça ira ?


[Demeure Sidjéno, Berry, le 7 Octobre, 14ème heure]

- Laquais, va donc ouvrir cette porte !
Premier grand silence
Laquais ! LAQUAIS !
Calme absolu interrompu par les toquements à la porte.
Bon, il l'aura voulu...
THOMAS WILLIAM TWUART, je te laisse file 3 secondes, tu entends ? Exactement 3 secondes pour m'ouvrir cette foutu porte et accueillir notre voyageur ou je te fais gicler les yeux des orbites et je t'empaffe le crâne !

Une fois encore, seul le toquement mit fin au silence de mort qui régnait sur la maisonnée. June soupira.

Ah... C'est vrai qu'il est parti celui là... puisse-t-il rentrer vite : faut ramoner la cheminée avant l'hiver.

June se leva de son fauteuil, nonchalant lui aussi. Il ouvrit la porte et découvrit notre colporteur national.
L'aspect du marchand n'avait guère changé, mis à part des vêtements plus crasseux et une barbe toujours plus fournie.


- Arh 'jour m'sire, c'te vous Joune ?"
- ...
- Z'avez l'air pâlot, j'peux vous f're une ristourne sur mon r'mede mi..."
- Non ! Mais si vous chercher June Sidjéno, vous l'avez en face de vous.
- Donch'est bien vous ? Pouviez-pas'l d're "oui" direct'ment ?


June le fusilla du regard, le colporteur enchaîna rapidement :

J'a' vot' fillo là, Tarte j'crois qu'il s'appelle, y m'd'mandé d'vous r'filez c'te lettre.

Il déplia la lettre soigneusement rangée dans un petit étuis. Une telle marque d'attention venant surtout du fait que Twuart lui avait acheté presque la moitié de sa quincaillerie pour le forcer à quitter le quartier.

Le camelot posa son index droit, crotté, sur la lettre et commença à la lire


CHA-lut- ... - Par-rrruuuummmm , je , ja, j'ai -mangé, pou-let et po-ta-sse.
Roh, vindiou ! Il échrit n'importe commenche v'te fillot, r'garder moi c't'écriture patt'mouche !
L'est mal éduqué vot' p'tio, d'mon temps c'tait pas coum' ça !


June souria de manière machiavélique et répondit froidement :
- J'y travaille, ne vous inquiétez pas ... Bon donnez moi cette lettre !

D'un geste vif et précis, June pris possession de la lettre et congédia le marchand qui reparti sans demander son reste. Il retourna ensuite dans la maisonnée et s'affala sur le fauteuil.



Citation :
Cher Parrain,

Cela fait plus d'un mois que j'ai quitté le Berry sans avoir pris le temps de te dire au revoir et sans même avoir donné le moindre signe de vie. J'espère être à moitié pardonné en t'écrivant cette lettre.

Tu as peut-être entendu dire que j'avais quitté l'armée, que j'avais déserté, mais cela est faux :
alors que nous venions de quitter le Berry je suis subitement tombé malade. Après avoir passé plusieurs jours à me languir à l'arrière avec les autres traînards, je finis par défaillir, laissant partir au loin l'armée.

Je réussi tout de même à rallier Limoges au bout de quelques jours. Au début je pensais y rester quelques temps, histoire de me refaire une santé à la fois financière et ... je ne trouve pas de mot pour exprimer cela, mais je pense que tu m'auras compris (dans le cas contraire, je te prie de ne pas me punir en m'envoyant ramoner cette fichue cheminée ...).

Je suis resté un peu moins d'un semaine à Limoges, je dus partir car la mine fut fermée et qu'il n'y avait pas de travail.
Je partis donc pour Rochechouart. Arrivé à Rochechouart, le maréchal m'interpella et exigea que je lui montre un laisser-passer. Encore ses histoires de frontières fermées ... . Ne voulant pas faire d'histoire et être "sport" je décida de quitter la bourgade le soir même (car rester sans papier, "c'est pas sport" !) direction Angoulême.

Mais il faut croire qu'Aristote est un sacré farceur : il mit entre Angoulême et Rochechouart toutes les armées qui avaient assiégée Bourges il y a quelques semaines. Malgré ma résistance héroïque, ma constitution solide et ma maîtrise des armes, je ne pus tous les défaire. Grièvement blessé, je réussi tout de même à m'enfuir et à retourne à Rochechouart où le médicastre me prodigua moult soins qui se révèlent être très efficace (et il ne me demande pas mes papier, lui il est sport !... Bon d'accord, j'arrête avec cette blague)

Afin de régler ses honoraires, je dus lui céder mon épée. Il me loge dans un petit établis près de sa demeure. La paillasse est de première qualité, mais je suis régulièrement réveillé par les badauds qui n'ont que ça à faire que hurler à la mort dès potron-minet.

D'après le médicastre, la plaie est saine, mais encore bien profonde aux instants où je t'écris, il me faudra encore facilement attendre un bon mois avant de pouvoir reprendre la route.

D'ailleurs, je t'écris surtout à ce sujet : en rendant des petits services à droite à gauche, j'ai commencé à accumuler un petit pactole, mais je crains de le perdre suite à une mauvaise rencontre en chemin ...
Je vais essayer de me débrouiller, mais tu m'enlèverai une sacré épine du pied si tu pouvais venir me chercher d'ici le mois prochain (10 Novembre, dans ce coin là).

Merci d'avance,
T.W TWUART

p.s : S'il te plait Smile

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